En regardant attentivement les peintures de Jivya Soma Mashe, ce qui frappe le plus c’est le « mouvement », la qualité du détail, la légèreté et, dans un même temps, la précision du trait. L’hésitation n’existe pas dans l’oeuvre de Jivya Soma Mashe. L’artiste va à l’essentiel tant dans le dessin que dans la composition. Directement, sans ambages, avec la simplicité de l’évidence, de l’ingénue, du naturel. Chaque détail de ses peintures en est le témoignage. Le trait, la ligne et les points foisonnent, fourmillent, sur la toile vibrent et s’agencent au gré de compositions habiles qui, elles-mêmes, renforcent la vibration de l’ensemble.
En 1975, la galerie Chemould est la première à montrer son travail. Un grand nombre d’expositions lui ont été consacré, de l’ex-URSS aux Etats-Unis, de l’Australie au Japon. On a pu voir ses œuvres en France au Centre Pompidou (Magiciens de la terre, 1989), au Musée des Arts Décoratifs (1998), à la Halle Saint Pierre (2007). Le musée du Quai Branly lui dédie un solo show dans le cadre de l’exposition « Autres maîtres de l’Inde », entre mars et juillet 2010.
Sadashiv Soma Mashe est le fils aîné de Jivya Soma Mashe. Sadashiv, né dans les années 1960, a eu lui-même l’occasion d’exposer dans plusieurs pays, séjournant plusieurs fois au Japon. Son père lui a transmis son savoir, racontant à ses fils les contes et légendes propre à la tribu des Warlis.
Son style pictural est proche de celui de son père, comme l’était, jadis, celui du maître et de l’élève.
La tribu Warli se situe dans le Thane District à 150km au nord de la mégapole Mumbai. Elle parle un dialecte qui ne s’écrit pas et n’a rien à voir avec l’hindouisme. Les Warlis ont leurs propres coutumes et croyances. La pictographie de la tribu Warli est basée sur le rond, le triangle et le carré. Les corps des humains sont constitués de deux triangles réunis en leurs sommets inversés. Le triangle du haut figure le torse, et symbolise le sexe masculin ou la montagne sacrée. Le triangle du bas représente le bassin, et symbolise le sexe féminin ou encore l’urne dans laquelle on fait une offrande. Les deux réunis en leurs sommets opposés manifeste l’idée d’équilibre, celui de l’homme et de la nature. La grande simplicité de cette pictographie, dont on retrouve des traces dans les grottes préhistoriques de Bhimbetka, lui confère une modernité qui séduit les créateurs des grandes métropoles indiennes. Ainsi, on retrouve des motifs Warlis dans les défilés de mode ou sur les supports de communication de jeux du Commonwealth.
ŒUVRES VISIBLES À LA VILLA MARITIME ARMAND SALACROU
66 boulevard Albert 1er, 76600 Le Havre
Entrée : 10 rue Guy de Maupassant,
Accès en bus : lignes 4 et 10 (arrêt Albert 1er)
Ouvert tous les jours de 11h à 19h*
Cauk, 2003, acrylique et bouse de vache sur toile, 146 x 115 cm, collection privée