Artiste de l’entre-deux, Seunghee Kang oscille entre Occident et Extrême-Orient, entre innovation et tradition. Elle qui dénonce la fracture de deux civilisations issues d’un même monde, elle qui subit la fracture de son pays, la Corée. Censurée au Nord, adulée au Sud, elle incarne cette nouvelle génération d’artistes émergeants d’Asie de l’Est.
L’art n’est pas l’apanage de l’Occident, tel est le message délivré par Seunghee Kang dans An artist who cannot speak English is not artists. S’appropriant
les symboles de la société de consommation, la coréenne fustige nos modèles. S’inscrivant dans ce que Nicolas Bourriaud appelle « the Radicant », Seunghee Kang appartient à ce nouveau type d’artistes « sémionautes », « radicant ». «Sémionautes», naviguant entre les signes des différentes cultures auxquels l’artiste est confronté. « Radicant » tel le fraisier ou le lierre, étymologiquement, produisant des racines à côté de la principale. Usant de techniques traditionnelles (broderie, brocart), Seunghee Kang expose, dans sa représentation, les contradictions du monde multiculturel contemporain, tels que l’Autoportrait à l’oreille bandée, maître Yoda. À la manière de Chardin, le singe-artiste, symbole du mensonge sur lequel est fondé le succès de l’artiste anglophone. Une démonstration mathématique provocatrice pour un message riche et clair.
Plus subversive, la vidéo Peeping into our society with the code of desire dépeint un monde dans lequel la vulgarité joue un rôle prépondérant. Sur fond de Benassi Bros remixé, agressif, Seunghee Kang décrit sa vision du monde. Sexe et argent, consommation, zapping, voyeurisme, quatre épisodes retraçant l’évolution de notre société. Une peinture acerbe d’un monde de tous les excès.
œuvres VISIBLES AU MUSÉE MARITIME ET PORTUAIRE DU HAVRE du 1 au 31/10/2010
Chaussée Roger Meunier - hangar 1
76600 Le Havre, tél.: 02 35 25 37 39
Accès à pied : 15 mn depuis l’Hôtel de Ville
Accès en bus : ligne 7 (arrêt Perret),
ligne 1 (arrêt Notre Dame)
Ouvert tous les jours de 11h à 19h*
An artist who cannot speak English is not artists, 2007, tissu brodé, 300 x 150 cm, courtesy Galerie Metropolis