UNE COLLECTION TRÈS PRIVÉE
Les temps sont durs pour les collectionneurs sérieux. Les plus jeunes suivent les leaders d’opinions, tandis que les rares anciens confortent leur position.
Le marché global bétonne de plus belle son hit parade des artistes leaders et les médias en général relaient au pas de charge. Dans ce monde à l’envers où les collectionneurs leaders et leurs artistes spéculateurs dictent la loi et prétendent faire l’histoire avec tant d’assurance, l’espace critique aurait-il totalement disparu ?
Pas si sûr. Les amateurs les plus futés se méfient des randonnées people qui parcourent les foires et les événements mondiaux à voir absolument pour être dans la ligne. Ils prennent en grippe ce suivisme, benoîtement totalitaire, et se lassent de la daube des remakeurs de tous bords qui engorgent les foires comme les magazines dits spécialisés.
La suite des repros que Jacques Charlier propose dans le cadre de la biennale qui métisse l’art et la bande déssinée, démontre avec humour que tous les sentiers sont loin d’être battus et que certains collectionneurs ont acquis, dans l’ombre, des oeuvres qui pourraient facilement rivaliser avec le parterre dominant. On y trouve des artistes inconnus qui n’ont pas fréquenté les corridors de la lèche habituelle, ce qui prouve que malgré le poids de la pensée unique, l’histoire n’est pas finie et peut réserver des surprises aux gogos et à ceux qui savent attendre. Sic transit gloria mundi.
Sergio Bonati
ŒUVRES VISIBLES À LA VILLA MARITIME ARMAND SALACROU
66 boulevard Albert 1er, 76600 Le Havre
Entrée : 10 rue Guy de Maupassant,
Accès en bus : lignes 4 et 10 (arrêt Albert 1er)
Ouvert tous les jours de 11h à 19h*

Giacomo Longobardo (Milan, 1947),
Stato di assedio, 1968, bois, métal et nylon,
120 x 240 cm, courtesy Delocque-Fourcaud